Qu’attendre de l’année 2026 en termes de mode ? 

Jan 1, 2026 | Culture, Fashion, Lifestyle

Si 2025 a surtout ouvert le débat, 2026 commence déjà à en dessiner les réponses. À l’horizon : une mode plus personnelle, plus consciente et portée par de nouvelles voix créatives. Entre affirmation de la singularité, enjeux écologiques devenus structurants et premiers pas très attendus de designers majeurs, l’année à venir s’annonce comme un véritable point de bascule pour l’industrie.

Les prédictions de Pinterest, miroir des désirs collectifs

Véritable baromètre de l’air du temps, Pinterest s’est imposé comme un outil clé pour décrypter les tendances émergentes. Utilisée aussi bien par les créateurs de contenu que par les marques, la plateforme fonctionne comme un immense moodboard global, où la mode dialogue avec le design, la beauté ou encore l’art de vivre.

@fuckingyoung! by @fabriziomilazzo

Pour 2026, Pinterest a identifié 21 tendances majeures. Parmi elles : le circus-core, l’esthétique rétro ou encore le glamoratti. Au-delà des étiquettes, un fil conducteur s’impose : la recherche de singularité. À contre-courant des silhouettes standardisées et du mimétisme souvent encouragé par les algorithmes, 2026 valorise une approche plus personnelle du style.

Dentelle travaillée, kaki utilitaire, broches détournées, bleu glacé omniprésent… Autant de signaux qui esquissent une mode plus subjective, où chaque pièce raconte une histoire. Des indices déjà perceptibles en 2025 — notamment chez SNSP — et qui semblent se confirmer pour l’année à venir.

2026, année charnière pour la mode responsable

Si la question éthique est désormais omniprésente dans les discours, 2026 pourrait marquer un véritable tournant. La Copenhagen Fashion Week célèbre ses 20 ans dès janvier, puis à nouveau en août, confirmant son rôle moteur dans la redéfinition des standards de l’industrie.

@cphfw

Comme le souligne sa direction, célébrer cet anniversaire revient autant à regarder le chemin parcouru qu’à interroger l’avenir de la mode. Du 27 au 30 janvier, la scène nordique sera mise à l’honneur avec des marques comme Bonnetje, The Garment ou Sson, toutes soumises aux 19 critères environnementaux imposés par l’événement. À Copenhague, l’éco-responsabilité n’est pas un supplément d’âme : c’est une condition d’accès au calendrier officiel.

Dans le sud de la France, Marseille s’inscrit dans la même dynamique avec la deuxième édition de la Slow Fashion Week, portée par le collectif Baga. Prévue du 5 au 13 juin, l’initiative revendique un slogan fort : « Marseille, capitale de la mode responsable ». Défilés, ateliers, pop-ups, expositions et conférences composent un programme pensé comme un écosystème local et engagé, soutenu notamment par la municipalité et son maire, Benoît Payan.

Une année de grandes premières

2026 sera aussi rythmée par une série de débuts très attendus, redessinant la cartographie du luxe international. Mathieu Blazy signera son tout premier défilé croisière pour Chanel à Biarritz, tandis que Jonathan Anderson présentera sa première collection croisière pour Dior à Los Angeles. Deux visions distinctes, mais un même horizon maritime.

Autre moment clé : les premiers pas de Grace Wales Bonner à la direction artistique de Hermès. Une nomination très attendue, tant son travail sur l’identité, l’artisanat et les récits culturels fait écho aux enjeux contemporains du luxe. Dans un registre différent, Ralph Lauren choisira Milan pour présenter sa collection automne-hiver 2026 — une première pour la maison américaine.

Pop culture et sport, moteurs d’influence

Côté culture pop, le Met Gala 2026 s’annonce déjà comme un événement marquant, avec un casting d’hôtes entièrement féminin : Beyoncé, Venus Williams et Nicole Kidman. Si le thème n’a pas encore été révélé, il sera lié à la prochaine exposition du Met, Costume Art, laissant présager une réflexion élargie sur le vêtement comme œuvre culturelle.

Enfin, la Coupe du monde de football organisée en Amérique du Nord (Canada, États-Unis, Mexique) rappellera combien sport et mode continuent de s’influencer mutuellement. Adidas, sponsor officiel de la compétition, devrait y renforcer encore sa présence, à la croisée de la performance et du lifestyle.

Plus consciente sans être moralisatrice, plus créative sans céder à l’uniformité, 2026 dessine les contours d’une industrie en quête de sens. Entre podiums institutionnels et initiatives alternatives, la mode semble prête à se réinventer. Une année à observer de près, tant dans les grandes capitales que dans les marges où s’élaborent déjà les futurs possibles.