La compétition la plus célèbre sur terre battue s’est ouverte ce lundi 18 mai avec les phases de qualification. Si le champion en titre, Carlos Alcaraz, a malheureusement dû déclarer forfait, la bataille pour le titre est bel et bien lancée. Qu’on suive ou non les échanges de balles de ce prestigieux Grand Chelem, l’événement capte l’attention de tout le monde, à commencer par celle des marques. Si la très célèbre horlogerie Rolex trône toujours fièrement sur le court, d’autres griffes de luxe et de sportswear prennent leurs quartiers Porte d’Auteuil. Décryptage des tendances incontournables, dans les gradins comme sur le court.
Un événement sportif et mondain
Pour les spectateurs, la panoplie du parfait aficionado de la terre battue répond à des codes bien précis. Le chapeau Borsalino, les lunettes de soleil et le couffin en osier s’imposent comme les trois indispensables mode pour tenir le coup durant une longue journée de matchs. Dans les tribunes, les couleurs claires et le blanc immaculé dominent le paysage. Sur le court, toutes les couleurs sont permises à Roland-Garros — même si aucun finaliste habillé tout en noir n’a jamais remporté le Grand Chelem —, contrairement au tournoi de Wimbledon et son protocole draconien, qui oblige les joueurs à s’équiper uniquement de blanc.






Très prisée, cette compétition sportive s’avère d’ailleurs à cheval sur le Festival de Cannes. Chaque édition draine son lot de célébrités et de VIP, affichant un parterre d’invités prestigieux allant de Pharrell Williams à Pierre Niney, en passant par des stars internationales du football. Au cœur de cette effervescence, Lacoste demeure l’une des marques les plus emblématiques de la compétition. Le polo reste la pièce phare de grands champions, à l’instar de Novak Djokovic qui posait fièrement pour la marque au crocodile en 2022. Lacoste a d’autant plus sa place ici que son fondateur, René Lacoste, est un ancien « mousquetaire » du tennis mondial. Il a lui-même foulé cette terre battue bien avant d’envahir l’arène de ses campagnes publicitaires. Preuve de cette fusion parfaite entre sport et mode, la marque au crocodile s’est même offert à plusieurs reprises le court Philippe Chatrier comme toile de fond spectaculaire pour ses défilés de mode.
Si le crocodile continue d’entretenir un lien indéfectible avec la compétition, le « tenniscore » a dépassé les limites du stade. Cette grosse tendance qui a envahi les rues et les tapis rouges — on pense notamment à Zendaya lors de la tournée de promotion de Challengers —, s’est certes un peu essoufflée récemment, la faute aux micro-tendances popularisées par TikTok. Pourtant, avec le retour de Roland-Garros, on s’amuse volontiers à ressortir certaines pièces de l’armoire et, surtout, à oser de chouettes associations. Le polo classique se marie désormais à la mini-jupe plissée, la chemise se glisse avec nonchalance sous un pull à col en V, tandis qu’aux pieds, on associe des tennis plates ou une paire de la marque On — issue de la collaboration avec Roger Federer — à des chaussettes de sport mi-hautes bien visibles. De quoi avoir fière allure pour aller boire un verre après les matchs.
Des joueuses qui secouent les conventions



Sur le court, les athlètes féminines utilisent également leurs vêtements pour faire passer des messages et bousculer les traditions. C’est notamment le cas de Serena Williams. Après avoir donné naissance à son enfant en 2018, la championne américaine fait un retour au sommet contre toute attente. C’est la terre battue de Roland-Garros qu’elle choisit de fouler à nouveau. Pour son grand retour, la multi-récompensée et désormais super-maman opte pour une combinaison intégrale noire signée Nike, pensée pour des raisons médicales et de confort. C’était sans compter sur la réaction de la Fédération française de tennis, qui juge la tenue inappropriée. Cet épisode pousse l’organisation à durcis ses règlements en matière de tenues vestimentaires. Un rigorisme immédiatement commenté avec piquant par la marque à la virgule, qui publiera sur ses réseaux sociaux cette réplique cinglante : « Vous pouvez sortir une super-héroïne de son costume, mais vous ne pourrez jamais lui enlever ses super-pouvoirs. »



Dans un registre tout aussi affirmé, Naomi Osaka utilise elle aussi la mode comme un bouclier. La joueuse japonaise confiait d’ailleurs sur Instagram que son plus gros problème pendant les compétitions n’était pas de perdre, mais de ne pas se sentir bien dans son corps. Sur le court, ce sont ses tenues qui l’aide à retrouver son assurance. Les jupes de tennis blanches et un peu sages ne font définitivement pas partie du dressing de la championne. Elle leur préfère les froufrous et la couleur, affichant notamment des total looks néon mémorables. Lors de l’US Open 2024, elle marquera les esprits en arborant un gilet orné d’un nœud gigantesque dans le dos, un détail couture que l’on retrouvait également sur ses baskets Nike customisées pour l’occasion.
Des pieds à la tête, la joueuse ne laisse absolument rien au hasard. Elle décore ses cheveux de pinces et de barrettes colorées, sous la houlette de son coiffeur Marty Harper. La Japonaise pousse le détail jusqu’au bout puisque même le casque audio qu’elle porte lors de son entrée sur le court est personnalisé pour matcher parfaitement avec ses tenues. Un véritable travail d’orfèvre qui prouve que la performance n’exclut pas la créativité.
Toutefois, avant Serena Williams et Naomi Osaka, il convient de rappeler que c’est une Française, Suzanne Lenglen, qui a, la première, dépoussiéré la compétition de Roland-Garros. Il y a un siècle, la championne faisait déjà bouger les lignes en devenant la première joueuse à venir maquillée sur le court et à oser porter une jupe s’arrêtant au-dessus du genou. Une pionnière absolue qui rappelait déjà que le court de tennis est, depuis toujours, un défilé de mode à ciel ouvert.








