Comment le look preppy s’est-il imposé dans notre dressing ? 

Jan 19, 2026 | Brands, Fashion, Lifestyle

Les bancs feutrés des universités de l’Ivy League paraissent lointains, presque abstraits. Et pourtant, le style preppy n’a jamais été aussi visible. Longtemps associé à une élite américaine bien définie — polos impeccables, blazers stricts, mocassins cirés et pulls soigneusement noués sur les épaules — ce vestiaire codifié opère aujourd’hui un retour remarqué, libéré de sa rigidité d’origine.Défilés, pop culture et rue s’en sont emparés pour le transformer en une grammaire ouverte. Des podiums de Diorou Celineaux clips de rap français, le preppy n’est plus un uniforme figé mais un langage malléable, que chacun peut détourner, mixer et réinventer.

Tommy Hilfiger : le preppy sort du campus

En 2025, Tommy Hilfiger a largement contribué à déplacer le preppy hors de son cadre universitaire. Le déclencheur ? Le film F1, porté par Brad Pitt et Damson Idris. En signant les costumes du long-métrage, la marque investit un univers a priori éloigné de l’Ivy League, mais parfaitement cohérent avec son ADN : performance, vitesse et masculinité contemporaine.

@tommyhilfiger

Dans la foulée, le lancement parisien de la collection Racing Club a confirmé ce virage. Au Lafayette’s, transformé pour l’occasion en espace hybride entre club nocturne et paddock, un moment a particulièrement cristallisé cette mutation : le showcase surprise de Jolagreen. Sa silhouette — jean baggy brut, teddy inspiré du racing, mocassins noirs — résume à elle seule le nouveau preppy : un style affranchi, qui emprunte aux codes sans en hériter la rigidité. Ici, le mocassin n’est plus un symbole de conformité, mais une pièce cool, intégrée à une allure urbaine assumée.

Du podium à la rue : un preppy décomplexé

Si la rue s’en empare, les podiums confirment l’ampleur du phénomène. Dior, Celine ou Wales Bonner réinvestissent saison après saison les codes preppy, en les détournant subtilement. La cravate se porte à l’envers, parfois avec l’étiquette apparente, comme un geste de désinvolture assumée. Le pull sur les épaules, longtemps symbole d’une élégance très codée, se décline désormais dans des couleurs franches et vient structurer des silhouettes plus libres.

@mv.tiangue @mariegaguech

Même les chaussures bateau connaissent un regain d’intérêt. À l’origine réservées au pont des voiliers, elles foulent aujourd’hui l’asphalte, portées avec des jeans baggy, des polos de rugby ou de grands sacs fourre-tout. Débarrassées de leur imaginaire nautique élitiste, elles s’ancrent dans le quotidien.

Quand le preppy perd son élitisme pour gagner en audace

Ce retour du preppy dépasse largement la question de la tendance. Il révèle une transformation plus profonde de notre rapport au vêtement. Longtemps, ce vestiaire a fonctionné comme un langage codé, signalant une appartenance sociale et culturelle précise. Aujourd’hui, ces codes circulent librement, sans mode d’emploi ni hiérarchie imposée.

@gossipgirl

La démocratisation du preppy en atténue la charge symbolique, tout en renforçant son potentiel créatif. Il ne s’agit plus d’entrer dans un cercle fermé, mais d’exprimer un goût personnel. On porte un polo, un blazer ou des mocassins non pour ce qu’ils représentent socialement, mais pour ce qu’ils permettent stylistiquement.

Qu’on adopte une seule pièce ou qu’on en fasse l’axe central de son vestiaire, le preppy s’impose désormais comme un langage universel. Un dressing en mouvement, nourri par la rue, la musique et une génération qui ne se contente plus de suivre les codes : elle les détourne, les mélange et les bouscule. Être preppy aujourd’hui, ce n’est plus respecter des règles. C’est précisément savoir s’en amuser.