Du marché aux podiums : pourquoi le panier s’impose comme l’accessoire phare du printemps

Fév 13, 2026 | Culture, Fashion

Longtemps perçu comme un objet strictement utilitaire, le panier en osier a progressivement gagné ses lettres de noblesse sur les podiums. Dans les années 1970, Jane Birkin le transforme en accessoire emblématique dans La Piscine, lui conférant ce charme discret, ce « je-ne-sais-quoi » qui a, depuis, traversé les décennies. Retour sur un objet qui, du marché aux silhouettes printanières, s’impose saison après saison comme un incontournable.

Le panier en osier, compagnon du quotidien

Objet du quotidien par excellence, le panier encaisse les déménagements, supporte les courses trop lourdes, accompagne les escapades au marché et ponctue nos silhouettes lors des beaux jours. À mi-chemin entre l’objet fonctionnel et l’accessoire de mode, il se trouve aussi bien à côté d’une cheminée, rempli de journaux, qu’au creux du bras, protégeant fruits, fleurs ou serviettes de plage.

Décliné dans une infinité de formes et de tailles, le panier se prête à tous les usages. Cette adaptabilité explique sans doute sa longévité : loin d’être figé, il se transforme au gré des modes de vie, des saisons et des regards que la mode pose sur lui.

@araldodicrollalanza @janebirkin
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Si le panier conserve un tel succès, c’est aussi grâce à son savoir-faire. La vannerie, art du tressage végétal, remonte à l’Égypte ancienne, bien avant de se diffuser en Europe au XVIIe siècle. L’osier, matière souple et résistante, servait alors autant à fabriquer du mobilier qu’à concevoir des contenants pour le quotidien. Ce geste artisanal, transmis de génération en génération, confère au panier une dimension intemporelle. Dans un contexte où la mode redécouvre la valeur du fait main et des techniques durables, la vannerie apparaît comme un contrepoint face à l’industrialisation massive.

Une source d’inspiration pour la mode

Ces dernières saisons, les maisons ont adopté le panier comme un véritable manifeste. Impossible d’ignorer Jacquemus et sa collection Le Raphia, hommage assumé à une matière chère au créateur provençal. Fidèle à ses racines, Simon Porte Jacquemus revisite le panier dans des proportions audacieuses, le propulsant au rang de must-have.

@jacquemus
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Chez Celine, Michael Rider propose pour le Printemps-Été 26 une interprétation plus narrative : deux paniers associés évoquent l’esprit d’un pique-nique chic. Hermès, de son côté, confie l’osier à ses ateliers pour façonner de petites mallettes rigides, à la frontière entre artisanat et luxe, pensées pour accompagner les silhouettes de mi-saison.

@bottegaveneta Printemps-Été 24
@bottegaveneta Printemps-Été 24
@bottegaveneta Printemps-Été 25

Bottega Veneta, maison historiquement associée au tressage, s’est également emparée du panier. Pour le printemps 2024, Matthieu Blazy, alors directeur artistique, livre une version XXL en demi-lune, avant d’en proposer des déclinaisons plus compactes la saison suivante. Même l’esthétique dite du quiet luxury s’en est emparée : The Row a lancé un modèle oversize, prouvant que le panier, en plus d’être un intemporel, est une pièce polyvalente.

Un accessoire majoritairement féminin ?

Malgré cet engouement saison après saison, le panier reste avant tout associé au vestiaire féminin. Les campagnes et images de mode le montrent le plus souvent porté au bras des femmes, tous âges confondus. Chez les hommes, l’intérêt pour les sacs à main s’est affirmé ces dernières années, mais le panier demeure plus discret, réservé à des usages pratiques, notamment pour une virée au marché.

@hermès Printemps-Été 25
@budidesign
@celine Printemps-Été 26

Certaines maisons, à l’image de Fendi ou Jil Sander, ont tenté de brouiller les pistes en proposant des modèles inspirés du panier mais éloignés de sa forme originelle. L’osier y est remplacé par du cuir, la structure assouplie et la contenance augmentée, offrant une alternative plus consensuelle pour le vestiaire masculin.

Le panier ne se contente plus d’accompagner nos courses quotidiennes : il raconte une histoire, celle d’un objet qui traverse les époques. Il incarne ce « je-ne-sais-quoi » qui transforme le pratique en élégant et prouve que certains accessoires n’ont pas besoin de se réinventer radicalement pour marquer les esprits.